Revue de Presse
LE DEVOIR "Troc, troc, troc" Samedi 25 et dimanche 26 avril 2009
Par Stéphane Baillargeon
(...) Le troc est la forme d'échange la plus vieille du monde, pratiquée depuis la nuit des temps. Dans ce cadre, un bien en vaut un autre: un collier de perles appelle une hache, une poche de sel rapporte un tas de fourrures. Montréal a été fondée autour de cette primitive mécanique commerciale. (...)
Le système d'échange local (SEL) Le Passe-temps simplifie l'équivalence à l'extrême à l'ombre du mont Saint-Hilaire, en Montérégie. Ici, une heure de travail en vaut une autre, sans égard au service rendu. La coiffeuse échange sur cette base avec le jardinier, la gardienne d'enfants avec le plombier.
«Chaque SEL a sa propre logique, mais nous avons opté pour une équivalence qui simplifie les échanges», explique Martine Marleau, qui a fondé Le Passe-temps il y a trois ans après avoir assisté à une présentation sur le système d'échange local de Saint-Basile-le-Grand. «L'idée, ce n'est pas seulement de sauver [sic]de l'argent. Les membres apprécient aussi et même surtout l'idée de rendre service, de se constituer un réseau d'entraide et de sortir de ce qu'on pourrait appeler l'aliénation de la logique marchande.»
En français, «salaire» dérive de sel. Les premiers systèmes nord-américains... salés, les Local Exchange Trading Systems (LETS), sont apparus en Colombie-Britannique à la faveur de la crise du début des années 1980. La réseau couvre maintenant la planète. Il y a plus de 450 LETS au Royaume-Uni et environ 300 SEL en France. On en compte une vingtaine au Québec.
* L'original de ce texte peut être lu à l'adresse suivante: http://www.ledevoir.com/2009/04/25/247482.html
L'OEIL RÉGIONAL "Le temps passe vite" 21 juin 2008
Par Héloïse Archambault
Travaux ménagers, confection de rideaux, cours d'informatique ou aide pour son rapport d'impôt: les services offerts par le Service d'échanges locaux (SÉL) Le Passe-Temps sont aussi variés que le nombre de membres dans le groupe. Deux ans après la création du cercle d'entraide communautaire, les quatre femmes qui avaient mis sur pied Le Passe-Temps peuvent dire mission accomplie.
"Nous savions que ça allait marcher, mais aussi rapidement que ça? Non! Nous avons débuté tranquillement parce que nous n'avions pas beaucoup de publicité. Aujourd'hui, avec le bouche à oreille, c'est très satisfaisant", souligne d'abord celle qui fait partie du comité de gestion du SÉL depuis le début, Caroline Grenache.
Actuellement, 43 personnes font partie du SÉL Le Passe-Temps, soit presque le double de l'an dernier. Qu'ils soient de jeunes adultes, à la retraite, étudiants ou encore parents avec de jeunes enfants, le groupe d'échanges de services réussit à rejoindre toutes les tranches d'âge de la population. "On veut de tout, surtout des hommes à tout faire!, lance Caroline Grenache avant d'éclater de rire. Plus nous avons de membres, plus nous offrons des services variés. Tout le monde a quelque chose à offrir et chacun d'entre nous peut recevoir une aide utile. Aujourd'hui, je peux dire que l'on offre de tout."
Lors de la création du SÉL Le Passe-Temps, les quatre fondatrices avaient contacté le SÉL les Échang'heures, à Saint-Basile-le-Grand, afin d'obtenir des conseils de base. Deux ans plus tard, la responsable du SÉL les Échang'heures, Marie-Josée Sévigny, n'est pas surprise de la progression du nouveau cercle. "Lorsqu'elles avaient débuté, je leur avais dit qu'il fallait être très patientes. Dans les débuts, c'est plus difficile et c'est normal. Mais de voir qu'elles sont rendues à plus de 40 personnes aujourd'hui, je ne suis pas vraiment surprise."
Philosophie communautaire
Le SÉL Le Passe-Temps s'adresse aux résidants de Belœil, Otterburn Park, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire, Sainte-Madeleine, Sainte-Marie Madeleine, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Mathieu-de-Belœil.
Pour 18 $, un nouveau membre obtient six heures d'échanges de services ("jetons du bonheur"). Si la personne souhaite augmenter son nombre de jetons, elle doit à son tour offrir de son temps. Chaque membre possède un bottin dans lequel tous les services disponibles sont offerts. Un site Internet est aussi mis à leur disposition.
"Il y a le concept d'économie d'argent en ne payant pas pour des services, mais surtout le concept d'échange. Ce sont souvent des gens qui aiment l'entraide, qui sont préoccupés par la consommation et la simplicité volontaire. Et c'est une façon de rencontrer d'autres gens", souligne Martine Marleau, qui fait aussi partie des fondatrices du cercle d'échanges.
Stéphanie Evans, qui demeure à Mont-Saint-Hilaire depuis quelques semaines, a décidé de s'impliquer dans le SÉL dès son arrivée. Jeune mère de famille, il s'agit d'une manière de connaître la communauté. "La société dans laquelle je vis, je la trouve froide. Pour moi, le SÉL est une façon de se rapprocher des gens autour de soi et de retrouver les valeurs communautaires. Quand on dit que cela prend un village pour élever un enfant, on part de loin si les voisins ne se connaissent pas."
Système parallèle
Le professeur d'économie à l'Université du Québec à Montréal, Bernard Élie, spécialisé dans les théories monétaires, ajoute toutefois un bémol envers ce système d'échanges. "C'est du troc tout simplement. Dans une économie où les gens n'ont plus confiance au système économique, on voit des systèmes du genre s'organiser. Mais dans une société comme la nôtre, où la confiance envers l'économie est assez bonne, c'est questionnable, puisqu'en fin de compte, ces gens-là obtiennent des services sans payer d'impôts. C'est un système parallèle qui déroge aux règles."
Un concept sans limite
L'autre SÉL de la région, les Échang'heures, a été créé en 2001 et compte 80 membres. Depuis leur passage à l'émission "90 minutes de bonheur", l'an dernier, les inscriptions vont bon train. "Ça roule énormément. Depuis l'émission, il y a eu un effet boule de neige dans la communauté. Nos services commencent à être vraiment intéressants. Plus on en parle et plus on augmente notre crédibilité", souligne Marie-Josée Sévigny.
L'avenir s'annonce donc prometteur pour le SÉL Le Passe-Temps. Même si les membres du comité de gestion ne se fixent pas d'objectif précis à long terme, les ambitions sont grandes. "Il n'y a pas de limite. Nous aimerions que ça grandisse de façon exponentielle. Si on pouvait doubler dans la prochaine année, ça serait très satisfaisant", souhaite Caroline Grenache.
Pour communiquer avec le SÉL Le Passe-Temps: 450.714-3324 ou le SÉL les Échang'heures: 450.653.9067
* Le nombre de membres du SÉL Le Passe-Temps a pratiquement doublé au cours de la dernière année. Sur la photo, on aperçoit Martine Marleau, Stéphanie Evans (son fils Marc-Antoine) et Caroline Grenache, qui font partie du groupe d'échanges de services.
L'orginal de la parution peut-être consulté à l'adresse suivante : http://monteregieweb.com/Ma_Vallee/main+fr+01_300+Le_temps_passe_vite.ht...
OEIL RÉGIONAL "Un service en attire un autre" 11 nov. 2006
L'Œil Régional - 11 novembre 2006
Communautaire > Babillard communautaire
Le SÉL (système d'échange local) Le Passe-Temps compte de plus en plus de nouveaux membres.
Il s'agit d'un regroupement de personnes ayant à cœur l'entraide communautaire et désirant offrir et acquérir des services sans avoir recours à de l'argent.
Une heure de service en égale une autre, et celle-ci se paie en jetons. Par exemple, quelqu'un peut faire une heure de couture pour quelqu'un d'autre et ensuite utiliser son jeton d'une heure pour bénéficier de leçons de piano données par une autre personne. Ces échanges permettent de renforcer le tissu social tout en offrant aux gens la possibilité de s'offrir des services qui se seraient autrement avérés coûteux ou difficiles à obtenir. Le Passe-Temps est ouvert aux gens de tous âges et de tous les milieux de Belœil, Otterburn Park, McMasterville et Mont-Saint-Hilaire.
OEIL RÉGIONAL "Une heure de ménage contre une heure de dorlotage" 19 janvier 2008
Par Isabelle Croteau
L'Œil Régional - 19 janvier 2008
Assise confortablement dans un petit café, les deux mains entourant mon latté chaud, j'écoute les deux responsables des systèmes d'échange local (SEL) de la région parler avec passion de leurs expériences et une seule chose me vient en tête: l'entraide... voilà ce qui nous manque au quotidien!
Le retour au troc
Le troc, la plus ancienne forme de commerce de la planète, revient en force. Dans un monde où tout va trop vite, où la consommation devient une véritable obsession et où la plupart de nos contacts avec les autres passent à travers un gadget électronique, plusieurs ressentent le besoin de créer une société plus humaine. Les systèmes d'échange local répondent à ce besoin, en plus de créer un vaste réseau d'entraide et de faire économiser des sous. En quoi ça consiste? C'est très simple. C'est un service gratuit dans lequel toutes sortes de services sont échangés et où la monnaie d'échange est le jeton de 15, 30, 60 et 120 minutes. Une heure de peinture est égale à une heure de jardinage, à une heure de ménage, à une heure de cours de violon, et ainsi de suite. Le membre offre des services selon ses compétences et ses intérêts. Madame tricote de jolis foulards? Monsieur possède une remorque? Toutes les offres sont bonnes... ou presque! On dit souvent que le temps c'est de l'argent? Eh bien dans ce cas, on dirait plutôt que le temps est une monnaie d'échange qui permet d'économiser de l'argent. Il existe environ une douzaine de SEL au Québec, d'autres ouvriront bientôt, et le phénomène est répandu mondialement et sous diverses formes.
* L'original peut être consulté à l'adresse suivante: http://monteregieweb.com/Ma_Vallee/main+fr+01_300+Une_heure_de_menage_co...
Les SEL de la région
"Les gens ont tendance à s'occuper de tout eux-mêmes et se sentent souvent débordés et épuisés par le rythme de leur vie. Conjuguer travail, maison et enfants n'est pas toujours de tout repos. Les SEL sont là pour vous aider à prendre le dessus, il suffit simplement d'offrir quelques petits services que vous aimez faire pour pouvoir en bénéficier en retour. Ce que vous faites pour vous, vous pouvez très bien le faire faire par d'autres pour vous simplifier la vie", nous explique Marie-Josée Sévigny, responsable du SEL Les Échang'heures depuis mars 2007. Ce SEL, qui dessert la région de Saint-Basile-le-Grand, compte 75 membres et plus de trois pages complètes de services tous plus utiles les uns que les autres. Le SEL Le Passe-Temps, sous la responsabilité d'Isabelle Labrecque, est en pleine expansion et dessert quant à lui les régions de Belœil, McMasterville, Mont Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Mathieu, Sainte-Madeleine, Sainte-Marie-Madeleine, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Mathias-sur-Richelieu. "Au début, le SEL Le Passe-Temps servait seulement quatre villes, mais avec les demandes, nous avons dû l'étendre à neuf et nous comptons présentement 25 membres, après seulement un an d'existence", raconte Isabelle.
Un véritable engouement
"Au lendemain de l'émission de Chantal Lacroix, 90 minutes de bonheur, j'ai reçu 100 courriels et depuis, nous avons reçu une vingtaine d'inscriptions. C'est certain que l'émission a donné un bel élan et ce qui est formidable, c'est que l'on voit beaucoup plus de jeunes et de couples s'inscrire. Les gens s'aperçoivent que leur vie peut complètement être changée en participant à un SEL. Tu as quatre cordes de bois à corder et tout seul, ça peut te prendre la journée, mais en utilisant tes jetons, tu peux avoir de l'aide et corder tout le bois en 45 minutes tout en ayant du plaisir", raconte Marie-Josée.
Cette dernière fait partie du SEL Les Échang'heures depuis ses débuts en 2001. "J'étais la troisième membre, mais j'étais heureuse puisqu'il y avait un service de massothérapie!", raconte-t-elle en riant. "Aujourd'hui, je ne vis que de ça, mon horaire est bien géré et j'ai une qualité de vie que je ne pourrais pas me permettre en dehors du SEL. Je n'ouvre plus mon bottin téléphonique, les pages jaunes pour moi, c'est le bottin des Échang'heures", ajoute Marie-Josée en riant.
Il n'existe malheureusement pas d'association québécoise ou de regroupement chapeautant tous les SEL et autres initiatives pour le moment, mais ça ne saurait tarder. Selon Marie-Josée et Isabelle, ce n'est que le début de ce type d'entraide et les nouveaux SEL auront la chance de bénéficier de l'expérience et de la crédibilité du système déjà en place. Pour communiquer avec Les Échang'heures, vous pouvez écrire au selechangheures@yahoo.ca et au selpassetemps@yahoo.ca pour Le Passe-Temps. Parions que durant la période des Fêtes et des nombreuses réceptions, les services de traiteur, de cuisine, de confection de bijoux, de manucure, d'emballage de cadeaux et de ménage ont été bien populaires!
NOVEMBRE 2007
Système d'échange locaux
L'équipe de 90 Minutes de Bonheur fait donc la présentation officielle des représentants des système d'échange locaux.
http://www.tqs.ca/videos/90-minutes-de-bonheur/2007/11/systeme-d-echange...
JETONS DU BONHEUR - SEPT 2007
Chantal a pris connaissance de l'existence des Services d'échange locaux. Elle trouve l'idée brillante et pleine de bon sens.
http://www.tqs.ca/videos/90-minutes-de-bonheur/2007/09/les-jetons-du-bon...
NOTRE FONDATRICE DANS LE CLIN D'OEIL
Clin d'Oeil - 4 novembre 2007
La beauté de la solidarité
Par Isabelle Dubé
L’une souhaite faire renaître la solidarité au Québec; l’autre veut rendre les hommes et les femmes plus beaux afin de leur donner confiance en eux. Toutes deux ont à cœur le bien-être d’autrui.
Isabelle Labrecque
fondatrice d’un système d’échange local
«Je trouve que l’entraide est une valeur qui s’est perdue au fil des années.» C’est ce constat navrant qui a poussé Isabelle Labrecque à fonder un SEL, un système d’échanges local.
Ce concept de troc a été élaboré dans les années 80 par un Vancouvérois. Le SEL est assuré par un réseau demembres qui offrent chacun leurs compétences et leurs ressources. Leur monnaie d’échange? Le temps.
Après avoir appris l’existence d’un SEL à Saint-Basile, Isabelle Labrecque a tout de suite voulu s’y inscrire. Cependant, le service était réservé uniquement aux gens de la localité. Aidée par la fondatrice du SEL de Saint-Basile et de trois autres femmes, Isabelle a travaillé pendant un an à la création du Passe-Temps. Aujourd’hui, l’organisme couvre le territoire de Beloeil et des environs.
«Pour calculer les heures, nous avons choisi d’utiliser des jetons, explique-t-elle. C’est très simple. Tu viens chez moi, tu laves mes vitres pendant 60 minutes, et je te donne un jeton qui vaut une heure. Tu peux ensuite regarder dans le bottin, puis bénéficier de n’importe quel service selon le nombre de jetons que tu as accumulés.» Le bottin du Passe-Temps contient les noms de personnes œuvrant dans près d’une centaine d’activités: nutrition, ménage, plomberie, déclarations de revenus, cours de cuisine végétarienne, service de traiteur... «Ça donne accès à des services qu’on ne pourrait pas s’offrir, explique Isabelle. Les membres d’un SEL pallient, d’une certaine façon, le vide créé par l’éloignement de la famille élargie. Tous partagent la même valeur: celle de vouloir bâtir une société plus humaine.»
* L'original et la suite de ce texte peut être trouvé à cette adresse : http://clindoeil.canoe.com/societe/article1/2007/11/04/4631314-cd.html
